Bridget RILEY née à Londres en 1931KISS, 1961 L’original, peint à l’acrylique sur toile, mesure 48 x 48 inches. Ses premières productions sont inspirées par le peintre français Georges SEURAT. Au début des années 1880, celui-ci avait proposé une parade aux mélanges destructeurs de couleurs expérimentés à leurs dépens par les impressionnistes. Sa solution était d’utiliser la couleur sortie du tube sans la mélanger avec d’autres couleurs pour obtenir le ton recherché sur la palette mais de juxtaposer de petites touches directement sur la toile afin que leur mélange se fasse optiquement par l’œil du spectateur. KISS, 1961, fait partie d’une série peinte entre 1961 et 1964, en rupture avec ses travaux précédents parce qu’uniquement en noir et blanc, qui affirme fortement un effet optique jouant des limites de ce que l’œil peut distinguer pour provoquer une illusion. Pour simple que paraisse cette toile où l’on voit la courbe inférieure de l’énorme masse noire du haut se rapprocher à l’extrême du rectangle noir du bas, son dépouillement même en fait une image frappante difficile à oublier. Cette série de travaux la rend célèbre. Leur impact sur la perception en fait une référence de l’art optique (optical art). Au milieu des années 60, Bridget RILEY introduit des variations de gris dans ses productions, puis la couleur, à partir de 1967. Elle développera généreusement des recherches sur le mouvement et, jusqu’aujourd’hui, ses très grands formats sont des sources considérables d’effets vibratoires. Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris lui consacre une grande exposition rétrospective ouverte de la mi-juin jusqu’à la mi-septembre 2008. Daniel MARY |