image-miniat

[Cliquer sur l'image]

Pablo Picasso

Nu couché, 4 avril 1932

Peint à l’huile sur toile, l’original mesure 130 x 161,7 cm et se trouve au Musée Picasso à Paris.

La présence ici de cette toile répond à la demande de Fleur qui l’accueille dans sa vitrine. Si Fleur aimait bien les couleurs du KANDINSKY, elle préférait des fruits ou des légumes dans son épicerie. Or ce Nu couché répond parfaitement à ce désir légitime, pas seulement parce qu’une pomme et une poire sont bien dans le coin droit du bas de la toile mais parce que toute la toile tourne autour de la pomme et de la poire… à la manière de PICASSO.

En marchant vite on n’aperçoit qu’une pomme et une poire. Un tableau n’est jamais peint pour être regardé en marchant vite, il faut toujours savoir prendre son temps et, à dire vrai, on n’a jamais fini de le regarder : cela fait son prix.

On regarde cette pomme de PICASSO, on voit une forme ronde avec une sorte d’œil au centre. La couleur est un jaune de nuance orangée : un dessous rouge-orangé recouvert d’une couche jaune irrégulièrement opaque. C’est peut-être une Golden bien mûre. Les seins du Nu couché ont la même forme ronde et un centre, ressemblent à des pommes moins mûres et d’une autre espèce avec des parties d’un beau vert-jaune, le reste est du rouge-orangé le plus pur du tableau. Le soleil d’avril qui regarde par la fenêtre est de couleur jaune comme la pomme du bas avec une nuance différente : c’est un jaune-jaune. Il n’a pas d’œil, il est traversé par une ligne droite de même largeur que l’œil de la pomme, une verticale qui compose en triangle avec une oblique semblable.

Le soleil et ce triangle donnent la clef du passage de la pomme à la poire. La poire du bas commence à gauche par la même forme ronde que la pomme et se poursuit par un triangle orienté comme celui qui est posé sur le soleil… On comprend mieux pourquoi le fessier commence comme une pomme et se poursuit par une cuisse et une jambe sans pied pour devenir une grande « poire verte ». À travers la variété des passages de la pomme à la poire chacun peut découvrir la richesse des combinaisons ondulant de l’une à l’autre puis peut imaginer quelques hypothèses quant à la valeur symbolique de ce jeu

Daniel MARY


[Revenir au sommaire]