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Daniel MARYavec le centre de loisirs et l’UllyPop’Art pour comprendre la peinture d’Andy WARHOL, portrait de la directrice, juillet 2009 Acrylique sur toile, 206,5 x 165,5 cm. Une première à Ully-Saint Georges : Isabelle BÉQUIN, la directrice du centre de loisirs a l’idée géniale de centrer ses activités du mois de juillet 2009 sur le pop art (art populaire en américain). Elle a fait appel à l’a.r.t. pour éclairer l’équipe d’animateurs. Elle avait déjà réservé une visite à Paris de l’exposition Andy WARHOL dès la première semaine de juillet et, pour la dernière semaine, une animation proposée par le Musée en Herbe de Paris. C’est dans ce cadre que j’ai pu sensibiliser l’équipe aux réactions de jeunes peintres américains à la fin des années 50 devant l’indifférence de leur public face aux subtilités de la « grande peinture ». Cherchant ce qui pouvait intéresser ce public, ils en sont venus à remplacer les sujets traditionnels par des images déjà imprimées très simplifiées, une vignette de bande dessinée, un amusant emballage de bonbon, une publicité, un billet de banque... disparus les modelés raffinés donnant l’illusion des volumes au profit d’aplats de couleurs vives très réduites en nombre, un bleu, un jaune et un rouge par exemple. Ce rapport à l’imprimerie amène WARHOL à initier des portraits nouveaux. Il repère sur une toile quelques couleurs plates peintes à la main avant d’y imprimer mécaniquement les traits du visage (les traits-pour-traits …du portrait) d’un seul passage monochrome à travers un pochoir de sérigraphie. Il se rend vite célèbre et compte nombre de vedettes parmi ses clients. Cet art n’a de « mécanique » que son titre provocateur. Chaque moment de la production résulte de réflexions et de choix décisifs, rien n’est fait n’importe comment et la démarche permet des jeux tout à fait originaux qui figurent aujourd’hui dans tous les grands musées. Dès le premier jour, j’ai apporté au centre mon Chat de la Trinité encore inachevé avant d’être présenté dans la vitrine de Monsieur MAUGEIN. Avec un nombre considérable de tons et de modelés, c’est tout le contraire d’une œuvre pop : un anti modèle du genre. Au retour de l’exposition, j’ai présenté le portrait « pop » de la directrice : trois aplats de couleurs mais de petits détails « photographiques ». Ce n’est pas un WARHOL, je n’avais ni l’équipement ni les moyens de faire un pochoir de sérigraphie et le tirage sur une grande toile. Ce n’est qu’un équivalent « pour comprendre » : je me suis substitué à la « mécanique ». Et les enfants qui avaient vu l’exposition des vrais WARHOL non seulement l’avaient suivie avec intérêt mais étaient tout à fait en mesure de choisir eux-mêmes les couleurs des aplats sur lesquels j’allais appliquer les traits de leur visage d’après une photographie pour offrir à chacun son portrait. 70 portraits ont été présentés le 12 septembre 2009 dans la salle multifonctions d’Ully, 5 autres ont suivi depuis. La fréquentation du centre par les enfants a varié en fonction des besoins des parents. Tous n’ont pas vu l’exposition WARHOL. Les absents n’ont pas tous eu la possibilité de faire eux-mêmes la sélection des couleurs à utiliser pour leur portrait. De ce fait, les portraits sont très pop, un peu pop ou pas du tout pop (si les choix étaient trop discutables sans la participation des enfants). Le déplacement à Pais de la dernière semaine a laissé le temps d’aller voir l’exposition KANDINSKY au Centre Georges Pompidou. Improvisée trop tard pour autoriser une visite en groupe avec prise de parole, cette visite a confronté animateurs et enfants à la nouveauté sans médiation. Devant les KANDINSKY, les enfants ne cessaient de parler de WARHOL : celui-ci leur servait de référence pour aborder les différences, une clef qui a parfaitement fonctionné pour les faire « entrer dans la peinture » tout naturellement. D. MARY |