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Margot PLANQUELLE

Tablier cache-sexe

Réalisé à partir d’un sujet donné en atelier à la Faculté des Arts d’Amiens (deuxième année de licence Arts Plastiques) : un « vêtement en béton ».

« 
- C’est du béton.
- Mais oui, c’en est bien !

Le tablier cache-sexe est une combinaison de deux vêtements qui, a priori, n’ont rien à faire ensemble : un tablier et un cache-sexe. L’alliance d’un apparat domestique, marque d’un artisanat ou d’une tache particulière (cuisine, fourneau, en bref, les occupations autour du « chaudron ») et d’un apparat tribal, beaucoup plus ritualisé que notre bon vieux tablier. Travail qui ne repose sur rien à part sinon une protection, il faut lui inventer une genèse, une mythologie.

Il est totem, présenté dans une verticalité biaisée et menaçante.
À quoi sert-il ?
Il est sur-peau, sur-protection, sur-moi. Sa surface est veinée de légères empreintes de cellophane, matière qui, en outre, a donné cette texture si brillante et surnaturelle pour un matériau aussi « grossier » que le béton. Il paraît poli, semblable au bouclier qu’Athéna avait donné à Persée pour combattre la Gorgone Méduse : un bouclier-miroir non narcissique (le reflet n’était pas à destiné à Persée).
Les deux proéminences, moulages de seins, sont de faux-appâts. "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." prête Jean RACINE à Néron (Britannicus, Acte 4, scène III). Mais peuvent-ils séduire avec une telle déformation ? Ils sont comme fondus dans leur propre forme, le béton s’y relâche tel un chewing-gum.
Le béton est la boue dont s’enduise les éléphants pour éviter les piqûres de mouches.
Le tablier cache-sexe évite les salissures que l’on peut infliger au vêtement… ne serait-ce pas plutôt les salissures que l’on peut infliger à la peau, protection elle-même si fragile ?
Et le cache-sexe…Comme les braguettes de l’époque de Rabelais, il est là pour enjoliver la présence cachée du sexe, dont la pilosité s’est métamorphosée en un léger plumage…Ramage qui nous cause bien du bavardage, et le rire vient supplanter la lucidité devant cette plaque homogène à plus d’un titre.
Prêt-à-porter…Je n’irais pas jusqu’à ce point…
Chose sûre, ce n’est pas bidon !  »

Margot PLANQUELLE

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