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Roy LICHTENSTEIN 1923 – 1997Nature morte avec cruche d’argent, 1972 L’original, peint à l’huile et magma sur une toile de 129,5 x 152,4 cm, appartient à la remarquable collection de Virginia and Bageley Wright, Seattle (WA) En 1972, il y a déjà plus de 10 ans que LICHTENSTEIN a tourné le dos à une peinture traditionnelle qui semble n’intéresser personne et rejoint le Pop art pour proposer ce qui est plus familier au public : des images de Walt Disney ou de bandes dessinées imprimées. Il les agrandit, rend visible l’impact des couleurs primaires, bleu, jaune, rouge, celui des cernes noirs qui camouflent un repérage incertain, celui des trames d’imprimerie. Mais avec le temps, ce ne sont plus seulement des agrandissements d’images imprimées, il invente des jeux avec ces éléments, couleurs vives, cernes, trames. C’est le cas dans cette Nature morte avec cruche d’argent dont l’éclat des noirs et blancs surprend par la manière de varier les contrastes, la trame de droites rigoureuses du fond qui fait ressortir les courbes diverses, les surfaces plates, vides et celles qui sont surchargée de décors baroques. On appréciera, amusé, cette cruche qui trône fièrement sur le plat comme un pachyderme sur une piste de cirque ou, en amateur averti des arts plastiques, ce jeu de marelle en grains de raisin bleus avec son grain tout rond sur le rond jaune de l’orange ou les rappels des brillants qui éclairent les grains bleus avec les ellipses sur les noirs de la cruche… ou encore quelques subtilités dans la rencontre des lignes. Daniel MARY |