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Fernand LÉGERNature morte, 1924 ( ? ) Cette étude provient de l’ensemble de pièces dont l’A.R.T. a débarrassé le Collège Romain-Rolland de Mouy. Longtemps au mur de la grande salle polyvalente du collège, cette huile sur toile a été peinte dans les années 60 sous la direction de Gérard SCHLOSSER en classes de 2e ou de 1re qui existaient alors à Mouy (parmi ses élèves quelques Ullysiens célèbres, Madame KŒKLIN entre autres). Déjà engagé et très connu dans le monde des créateurs français, Gérard SCHLOSSER partageait son temps entre Mouy - où Madame SCHLOSSER avait été nommée professeur d’anglais - et Paris où il possédait déjà l’atelier dans lequel il travaille encore. Il avait cédé à la requête de la Proviseure pour assurer aux élèves les cours de " dessin ". Grâce à lui, ils ont été initiés à la peinture à l’huile sur toile en restituant des œuvres de maîtres d’après des cartes postales choisies à la librairie. Le vif intérêt de SCHLOSSER pour PICASSO et LÉGER avait quelque peu guidé les choix du libraire… Dans ses natures mortes des années 20, Fernand LÉGER, fortement marqué par les avancées des cubistes, organise entre elles des formes élémentaires tirées de la réalité pour " rimer ensemble ", la droite avec la droite, la courbe avec la courbe, la couleur avec la même couleur, l’aplat avec l’aplat, le modelé avec le modelé… C’est le cas dans cette toile qui associe des « gros plans » de détails simples " modelés " avec force : le bras et l’avant-bras donnent une impression de volume que l’on retrouve avec le même modelé et la même couleur dans le compotier et les poires et sur le " bouton " de " l’encadré " central. Le même modelé mais avec une autre couleur est encore présent sur des surfaces vertes ou bleues. L’effet décoratif des modelés apparaît d’autant plus que les surfaces non modelées sont impeccablement plates. L’équilibre de l’ensemble est soutenu par la rigueur des orientations parallèles aux bords de la toile. Daniel MARY |