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Yves KLEIN L’Arbre, grande éponge bleue, 1962 L’original appartient au Musée national d’art moderne (Centre Georges Pompidou, Paris) : pigment pur et résine synthétique sur éponge et plâtre, 150 x 90 x 42. La réplique exposée ici a pu être mise en œuvre avec l’aide du Directeur de la Spontex (Beauvais) qui a mis à notre disposition un bloc entier de 300 litres d’éponge. L’étude de la forme a été menée par un groupe d’élèves de 4e du Collège Romain-Rolland de Mouy. L’objet fait partie de l’ensemble du Musée éclaté du Collège Romain-Rolland de Mouy hébergé à Ully-Saint Georges par l’A.R.T. Yves Klein n’utilise pas de pinceau mais des éponges pour imprégner de bleu la surface de ses Monochromes. Pour ses Anthropométries les jeunes femmes s’enduisent le corps de bleu avec des éponges avant d’être pinceaux elles-mêmes, appliquant leur corps sur la toile comme une sorte de tampon. Puis, saisi par « la beauté du bleu dans l’éponge », Klein utilise celle-ci comme « matière première » capable de donner au bleu plus d’intensité que la surface d’une toile en « imprégnant » un espace à trois dimensions. Yves KLEIN, à 19 ans, en 1947 « signe » déjà le ciel de Nice, sa ville, pour son intensité de bleu si particulière. En 1962, il s’approprie l’espace lui-même et vend comme œuvre d’art une portion immatérielle d’espace en tant que sensation éprouvée par un peintre. Un écrivain américain lui paie en lingots d’or cette idée qu’une portion d’espace puisse être une œuvre d’art. Le journal ARTS (du 21 au 27 février 1962) titre avec cette manchette : « KLEIN vend du vent ! ». Daniel MARY |