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Daniel MARY 1937

Gypsie, Ully-Saint Geoges, 2005-2006

Peint à l’acrylique (pigments purs et liant n°33 des éts. Marin) pour Monsieur Jean-Philippe LIOUX. 80 x 80 cm

Classée par les compagnies d’assurance parmi les objets de valeur, une toile peut-t-elle trouver place dans un foyer ullysien ? J’ai bien embarrassé mon voisin en lui offrant de peindre le tableau qu’il lui ferait plaisir d’avoir chez lui. Après beaucoup d’hésitations, il a fini par me répondre qu’il aimerait avoir son chien et m’a confié sa photo.

Je n’ai pas un instant pensé à autre chose qu’à une image réaliste. Il est possible de tenter de peindre non pas Gypsie elle-même mais ce qu’elle représente pour son maître, un domaine considérable. Cela aurait été le propos d’une recherche surréaliste, non plus ce que l’on voit à l’extérieur mais ce que l’on ressent à l’intérieur. La photo est relativement petite ; il m’a semblé intéressant d’en faire revivre l’image à une échelle proche de celle de Gypsie quand elle était vivante. De même, j’ai choisi le format carré et un agrandissement « plein cadre ».

Le reste est affaire de peinture. La vue plongeante m’a incité à tirer parti de l’effet de perspective pour retrouver les diagonales du carré. Le gentil modèle à quatre pattes m’offrait autant de « rimes » verticales que j’ai affirmées avec le bord d’oreille et quelques fragments d’architecture à la signification incertaine ; les ombres des pattes dans cette lumière de fin de journée me livraient quelques rimes obliques solides. En dehors de la tête, pratiquement tout le reste est plus ou moins informe, un groupement de taches de couleurs tirées des mélanges de bleu, de jaune et de rouge (sans noir) et, à l’occasion, de plus ou moins de blanc. De loin « on n’y voit que du chien » de très près « on ne voit que des taches ». En ce dernier sens, la peinture se rapproche de l’impressionnisme.

Daniel MARY

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