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Grégory,

L'arc-en-ciel, janvier 2010

Acrylique sur un polyptyque de 110,3 x 184,6 cm (assemblage de 8 châssis entoilés de 55 x 46,2 cm).

Du haut de ses sept ans tout ronds, Grégory observe tout en silence d’un clin d’œil qui perçoit jusqu’au moindre détail. Il a un intérêt particulier pour les lignes, tirées à la règle ou non. Le carton utilisé comme support pour peindre les portraits des participants au Centre d’accueil et de loisirs de juillet 2009 a retenu son attention : à peine trois mots mais un regard qui vous prend à témoin en dit plus que de longs arguments.

Pendant que sa sœur Élise travaillait au corps à corps avec les fragments de son « grand, grand, grand grabouillage artisticle » pour la vitrine d’angle de Monsieur Maugein, il manquait un décor pour celle de Chez Fleur. La solution du polyptyque permettait d’utiliser toute la dimension disponible sur la vitrine. Grégory s’en est servi d’un assemblage de grandes feuilles comme d’un pochoir en débordant de la feuille pour aller sur les toiles, affirmant ainsi un bord de ligne bien droit quelque soit le coup de pinceau. Grégory a choisi lui-même ses couleurs sans rien dire vers des effets d’arc-en-ciel en rapport avec un travail personnel antérieur évoqué mais que je n’ai encore jamais vu.

Après un nombre suffisant de couleurs, les changements de place du pochoir avaient dessiné une sorte de cadre autour d’une surface centrale toute blanche. Le démontage du polyptyque a permis de changer la place des châssis peints. Nous savions déjà, pour l’avoir appris à propos d’un puzzle à solutions multiples dérivé du grabouillage artisticle d’Élise que, le nombre de combinaisons différentes des châssis était très grand : 8 x 7 x 6 x 5 x 4 x 3 x 2, de quoi composer 40 320 arcs-en-ciel différents ce qui a beaucoup fait rire l’artiste. Celle-ci n’est qu’une solution parmi tant d’autres. Les autres sont composables en démontant les boulons à papillons qui assemblent les châssis…

Daniel MARY


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