Do MESRINE et les élèves du CM2 d'Ully-Saint Georges
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Avec l'aide de la municipalité d'Ully-Saint Georges, l'A.R.T. a permis au sculpteur Do MESRINE d'intervenir pendant six journées dans la classe du CM2. L'exposition actuelle permet de juxtaposer ces productions d'élèves à celles de l'artiste. Sans doute la durée d'exécution n'est-elle pas comparable entre les exigences d'un créateur qui maîtrise ses moyens et ne compte pas ses heures pour aller jusqu'au bout de l'œuvre et la bonne volonté de jeunes qui ne disposent que de quelques heures à la fois pour apprendre, inventer, produire, surmonter les lassitudes de moments très ingrats... Toutefois le regard de ces débutants n'est déjà plus celui de spectateurs ordinaires. La possibilité qui leur a été offerte de pratiquer avec les techniques de Do MESRINE leur a ouvert l'œil bien au-delà des simples apparences et titres : devant telle "Africaine à l'arrêt", ils remarquent que le travail de la peau est très différente de ce qu'ils ont pratiqué, ce ne sont plus des fragments superposés mais des peaux entières avec leurs continuités et leurs plissés, devant "Toussaint Louverture", ils remarquent le parti pris du choix des peaux tannées très profondément rouges. Il y a à la fois du respect et de l'admiration dans les évaluations des jeunes visiteurs. Ils commencent à mesurer plus précisément ce qui fait le prix du travail du sculpteur. Si une exposition permet au moins de voir des productions (et "quand on voit beaucoup de choses cela donne des idées" remarquait, il y a maintenant quelques années, un de mes élèves de 3e ), pratiquer soi-même fait entrer dans une connaissance qui, sans cela, resterait inaccessible. Cette semaine intensive n'aurait pas été possible sans l'active participation de la "maîtresse", Madame GIRAUD qui a su trouver toute la plasticité nécessaire pour que les aléas du dispositif ne compromettent pas l'entreprise. C'était comme toujours une gageure permettant à chacun de dépasser largement ses propres limites. Les espaces scolaires sont le plus souvent conçus pour que chaque élève ne bouge pas trop en dehors de la surface de son cahier bien plat. La pensée aussi s'aplatit. Le volume introduit des dimensions supplémentaires plus naturelles pour s'orienter mais très perturbatrices. Avec beaucoup d'intéressement et de vie ces détails sont vite oubliés. Les résultats tiennent fièrement debout. D. Mary |