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Le CARAVAGE (Michelangelo Merisi da Caravagio dit)

Corbeille de fruits, vers 1593-1594

L’original, peint à l’huile sur toile, mesure 31 x 47 cm et appartient à la Pinacoteca Ambrosiana de Milan.

Ce qui m’a intéressée dans cette étude, c’est d’abord le dynamisme de la composition des éléments : il s’en dégage un solide équilibre alors même que tout est décentré, jusqu’à cette ombre sous la corbeille qui réduit son assise sur la table.

C’est ensuite la variété des jeux de formes. Une clef les unifie qui se trouve dans le tressage de la corbeille. Si l’on suit la courbure en S d’un brin d’osier on remarquera vite des mouvements identiques à travers tout son contenu avec deux pentes distinctes : l’une, du bas à droite vers le haut à gauche, l’autre, du bas à gauche vers le haut à droite.

Cette variété de formes s’organise aussi autour d’une valeur symbolique fréquemment rappelée dans les natures mortes anciennes : chaque chose est fragile et ne dure qu’un temps. Sur la plus longue diagonale où une feuille brillante éclate de réalisme en haut et à gauche, cette feuille à une petite partie flétrie et des traces d’agressions d’insectes, plus bas sur la diagonale, au dessus et à droite des deux figues, une feuille est complètement flétrie, plus bas à droite, une feuille de vigne est complètement dans l’ombre. Le temps passe et rien ne dure éternellement…

Cette peinture soignée dans tous ses détails n’est donc pas qu’un simple document sur les formes et les couleurs de feuilles et de fruits.

Odile MARY


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