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Georg BASELITZ

Elke VI, 1976

Étude à l'acrylique sur toile. L'original, peint à l'huile sur une toile de 200 x 160 cm, appartient au Musée d'art moderne de Saint-Étienne.

Après avoir chassé les artistes modernes qui vivaient en Allemagne, les nazis y avaient imposé un art figuratif chargé de faire l'apologie de valeurs « purement » germaniques. La situation très particulière qui a suivi la défaite allemande de 1945 a favorisé, à l'ouest, en Allemagne fédérale, la diffusion d'un art d'importation essentiellement venu des Etats-Unis.

Contre cette colonisation culturelle, un certain nombre de peintres, pour la plupart originaires de l'Allemagne de l'Est, réagissent, non sans difficultés. Les œuvres de Georg BAZELITZ dérangent, certaines seront censurées et interdites et, comme celles de ses amis PENCK, LUPERTZ, IMMENDORF..., devront attendre la fin des années 70 pour être reconnues en Allemagne même et internationalement. BAZELITZ est, aujourd'hui mondialement, un des artistes les plus célèbres.

Pas une seconde d'hésitation avant que la brosse gifle, tache, griffe la toile. Les touches larges et longues disent une violence de peindre très particulière qui, d'une part fait écho aux sources de l'expressionnisme allemand du début du 20e siècle, d'autre part affirme sa différence par rapport à l'expressionnisme américain abstrait des années 50 et plus

encore par rapport aux Pop art ou Minimal art des années 60 dans lesquelles la touche du peintre tend à disparaître.

Originalité supplémentaire, à partir de 1969, BAZELITZ peint « à l'envers ». Il y a bien une figure dessinée mais le spectateur ne la perçoit pas tout de suite. Intentionnellement, la peinture, le fait de montrer que la toile est peinte, passe en premier.

D. MARY

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