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Odile MARYSans titre ni date (début des années 80) Collages, charges de pâte grattées et encres sur papier, 40 x 30 cm La structure de l’ensemble est aussi simple que rigoureuse. Du support 40 x 30, seul le carré construit sur la largeur supérieure est travaillé comme les quatre éléments d’un cadre assemblé par ses diagonales et inscrivant en son centre un carré plus petit, environ le quart du grand, lui-même compartimenté en deux par sa médiane horizontale qui donne d’emblée une sensation de « paysage ». La simplicité et la rigueur s’arrêtent là où commencent une intensité gestuelle certaine et des collages de bandes de papier découpées et déchirées qui viennent à la fois qualifier les sept compartiments du tout et les articuler entre eux. Ainsi le rectangle resté « vierge » en-dessous du carré supérieur se trouve-t-il associé aux autres espaces par les fragments de papier qui chevauchent les deux demi-diagonales centrales et empiètent sur sa surface en conduisant le regard pour retrouver sa lumière et sa forme dans le rectangle-« ciel ». Chaque chose « ressemble à ça » et devient tout autre aussitôt que l’attention se porte sur la peinture elle-même. Chacune des limites se trouve pervertie par une intervention qui la contredit, qui invite à un autre parcours. Le petit carré central n’est plus carré, ses angles ne sont plus droits, sa médiane-« horizon » n’est pas davantage horizontale qui trouve d’étranges prolongements au-delà du carré. Chercher « l’erreur » entraîne sur les pistes gourmandes du peindre où se juxtaposent les puissants contrastes et les subtils passages qui masquent on ne sait quelle dramatique énigme. Daniel MARY |