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Odile MARY

Sans titre ni date (début des années 80)

Crayons, gomme, encres et rehauts de blanc sur papier, 40 x 55,5 cm

Après le diplôme de l’École nationale supérieure des beaux-arts, le concours de recrutement des professeurs d’arts plastiques de la Ville de Paris et l’agrégation d’arts plastiques, Odile ne quitte pas les cours de l’université. Tout en assurant ses propres cours dans un collège, elle s’engage dans la préparation d’un doctorat d’arts plastiques. Celle-ci porte sur différents domaines dont la production personnelle, ce travail en faisait partie.

Au début des années 70, une série de dessins de branches d’arbre datant de l’École des beaux-arts de Saint-Étienne était l’occasion d’envahir la feuille avec des lignes nées de chaque bourgeonnement de la branche. Au début des années 80, elle présente les objets eux-mêmes : une, voire trois, brindilles de bois mort, emmaillotées de tissus ficelés, sinon cousues dans un pli au centre d’une toile peinte.

Ici le petit morceau de bois mort est soigneusement dessiné. Il définit les deux axes d’orientation principaux autour desquels s’ouvrent comme les pétales d’une fleur des éléments de costumes, gaines, corsets et des circulations « anatomiques » de vaisseaux.

C’est une œuvre d’une grande maîtrise tant dans la conception que dans l’exécution. Imaginaire certes, un objet insolite est parfaitement présent devant le spectateur. Rien n’est négligé et le moindre trait, coup de crayon, coup de gomme,… prend une valeur extraordinaire. Parce que rien n’est laissé au hasard, on ne peut évacuer les questions concernant la dimension expressive de l’image. Que signifie ce bout de bois mort aperçu déjà ailleurs dans un emprisonnement textile ? Cet engagement dans la représentation de sensations intimes apparente cette œuvre aux productions surréalistes qui donnent plus d’importance au réel à l’intérieur de soi qu’à l’apparence extérieure.

Daniel MARY


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