Votre magasin BRICOMARCHÉ de BURY et l’A.R.T.

vous présentent une œuvre de

 

Jean-Claude POMMERY

 

Mue, 2000

Technique mixte sur toile.

 

Ceci n’est pas une copie mais une œuvre originale offerte par l’auteur à Daniel MARY.

 

C’est une production fragile placée sous votre protection.

Nous vous remercions de ne pas la toucher.

 

Jean-Claude POMMERY vit à MOUY. Après ses journées de travail à l’entreprise de papiers peints de BALAGNY-SUR-THÉRAIN, un de ses plus grands plaisirs est de faire des recherches plastiques en mélangeant, dans un certain état de créativité euphorique, des matériaux et des couleurs. Cette attitude rappelle certaines pratiques des Dadaïstes (les tout premiers à s’intéresser au rôle du hasard dans leurs productions) et des Surréalistes (dont certains ont accordé une place de choix aux productions involontaires révélatrices de leur « vraie » vie intérieure).

 

Pour son compte, Jean-Claude POMMERY utilisait ses productions d’effets de matières et de couleurs pour y projeter ce qu’il y apercevait et qu’il soulignait d’un dessin, ici un animal, là un arbre…

 

À partir de juillet 2000, dans le fil de discussions avec Daniel MARY, l’agrandissement photographique de ses recherches – avant d’y redessiner quoi que ce soit – lui a permis de découvrir un monde de formes d’une étonnante richesse, suffisante en elle-même. Plus de petit oiseau, plus de petite fleur, en revanche des phénomènes particulièrement décoratifs en eux-mêmes pour peu qu’ils atteignent une taille suffisante. Il a fallu changer radicalement de format.

 

C’est le cas pour cette « toile » qui prend l’allure de mue de serpent, curieux animal qui, pour grandir doit quitter sa vieille peau. Il arrivait, dans des essais plus anciens qu’une matière craquelle. Dans cette œuvre, la craquelure est volontaire et volontairement exagérée pour occuper à elle seule la totalité du motif. Les essais qui ont suivi ont recherché systématiquement des moyens de produire des craquelures avec des écailles de plus en plus grosses. Chaque recherche restait originale autant parce qu’il est impossible d’obtenir deux fois la même chose et surtout parce que Jean-Claude POMMERY s’est appliqué à traiter successivement les différentes variables de ses expériences : ici en utilisant l’une sur l’autre un acrylique blanc à séchage plus lent que l’acrylique doré superficiel, là en interposant du papier mâché peu encollé, sur une autre toile de la poudre de papier…

 

Ce qui n’a cessé d’alimenter l’intérêt de « l’inventeur » c’est que

le résultat ne pouvait jamais être totalement prévisible. Ce qui l’a à la fois soutenu et mis à l’épreuve, c’était la valeur symbolique de ce craquellement. Ce châssis a la même taille que l’artiste. Auteur de nombreux poèmes cherchant à mettre des mots sur les événements de sa vie intérieure, Jean-Claude POMMERY a également vécu cette recherche comme « sa propre mue ». Il a ressenti puissamment ces craquellements comme ceux-là mêmes de ses habitudes. Il a traversé des moments éprouvants entre l’excitation provoquée par les découvertes et le déséquilibre de se sentir lancé dans une aventure sans autre point d’appui que sa confiance en lui-même. Et la confiance connaît bien des moments de doute devant la nouveauté des situations.

 

L’aventure continue avec les craquelures et avec d’autres trouvailles d’une égale qualité.

 

 

                                                                                              Daniel MARY

[Revenir au sommaire]