La Commission culturelle de la municipalité de Mouy,

la Bibliothèque municipale de Mouy et l’Association Rechercher et Transmettre des moyens de faire connaître l’art contemporain

vous présentent une copie de l’œuvre de

Pablo PICASSO

 Le Miroir, 14 mars 1932

 L’original est une huile sur toile de 130,7 x 97 cm. Il se trouve à Monaco dans une collection particulière.

 Présentée à Paris avec l’exposition Picasso et le portrait (Galeries nationales du Grand Palais, 15 octobre 1996 au 20 janvier 1997) cette œuvre a été copiée par Odile MARY qui s’exprime sur son choix :

 « Le poids du sommeil… l’œil baissé qui laisse supposer qu’il y a une vie intérieure… qu’il se passe des choses dans la tête de la dame… et à la fois la légèreté des bras qui me font penser à des plumes d’ailes.

 Le corps n’est pas figuré comme une morphologie, « un morceau de viande » ni même un volume, il est sans épaisseur. Il est figuré par des caresses, la caresse du pinceau est comme la caresse sur un corps. La copie est très proche des dimensions de l’original. En peignant je me suis aperçue que les coups de pinceau étaient tout à fait des gestes naturels de caresse.

 Dans le même sens, copier ce tableau c’est passer son temps à le refaire. Il y a en même temps un univers de formes précises, découpées, dessinées et constamment la figure échappe. L’exemple typique, c’est le miroir : la belle ne s’y regarde pas et on regarde cette chose importante en plein milieu du carré supérieur du tableau sans pouvoir dire vraiment « épaule » ou « fesse ».

 Il y a en même temps de la sobriété, de la simplicité et une simplicité épanouie, une simplicité à la fois totalement dépourvue de mièvrerie et pleinement sensuelle… ainsi ce passage entre le premier plan qui s’associe à l’O du miroir pour devenir comme la queue retournée d’un Q. La complexité de l’ensemble des courbes est d’autant plus visible que le fond est quadrillé comme un remplissage.

 Le rouge est d’une qualité exceptionnelle. Somptueux aplat dans le miroir il fait, par-dessous, palpiter les blancs du corps en premier plan. Il vient aussi adoucir les bords des différentes parties de ce corps à des moments décisifs de confrontation du blanc et du noir (un peu de bleu accroît la vibration de ces limites). Sans épaisseur, le corps n’en a pas moins une « profondeur » vivante. »

 Ces propos n’épuisent pas le sujet et le spectateur découvrira par lui-même nombre de détails qui n’arrivent jamais par hasard. PICASSO joue avec chaque trace de pinceau pour affirmer une idée importante.

Évidemment c’est une idée de plasticien, une manière de se saisir des formes. Nous sommes aux antipodes du constat « photographique » de la réalité. PICASSO ne copie pas ce qu’il voit, il écrit les idées de formes telles qu’il les ressent et progresse avec l’affirmation logique de son écriture.

 Ce tableau fait partie des nombreux portraits de Marie-Thérèse et tout particulièrement de ceux du printemps 1932 au cours duquel PICASSO produit une longue série qui ne ressemblait à rien de ce qu’il avait fait précédemment. Il a 50 ans : le « tournant de la vie ». La jeune fille blonde, rencontrée dans la rue quelques années auparavant et qui avait acceptée de poser pour lui, est devenue autant l’unique modèle que le centre de sa vie amoureuse… jusqu’à ce qu’avec la guerre d’Espagne, « la peinture cesse d’être un jeu »…Guernica.                                                                                             

                                                                                                       D.M

 

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