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Roy LICHTENSTEIN Regarde Mickey, 1961 D'après une reproduction publiée par Janis HENDRICKSON, dans "Roy LICHTENSTEIN", aux éditions Benedikt Taschen, Cologne, 1994. La toile originale était restée la propriété de l’auteur (décédé à la fin des années 90). Peinte à l’huile sur toile elle mesure 121,6 x 175,3 cm. La copie, peinte à l’acrylique sur toile, a été effectuée par Odile et Daniel MARY à la fin de l'année 2003 pour accompagner une présentation d’une trentaine de bandes dessinées dans la galerie d’Ully-Saint-Georges. Cette toile présente un agrandissement d’une vignette de bande dessinée avec deux personnages créés par Walt DISNEY : Mickey et Donald. Curieusement, l’original de Roy LICHTENSTEIN est une copie. Il n’est ni l’auteur des personnages ni celui de la scène dans laquelle ils se présentent. Dans la « bulle », le texte dit : « Regarde Mickey, j’en ai accroché un gros ». « Regarde » et « gros » sont écrits en caractères gras, suivant ainsi un des codes de la bande dessinée qui fait correspondre ce qui est écrit en gras avec ce qui est dit à voix plus forte. Roy LICHTENSTEIN va jusqu’à copier l’effet de tramé qui permet à l’impression de produire un mélange visuel avec le blanc du support. Il n’y a que trois couleurs mais dans les yeux de Donald des petits points de bleu et sur le visage de Mickey des petits points de rouge se mélangent au blanc du support pour donner l’impression d’un bleu clair et d’un rose. Sur cette toile – une des premières du genre -les points sont exécutés à la pointe du pinceau directement. Plus tard, LICHTENSTEIN tirera plus clairement parti de l’effet décoratif de ces points en les grossissant et en les mettant en place avec une tôle perforée mécaniquement, l’équivalent américain de notre tôle « Gantois ». Si Roy LICHTENSTEIN n’est pas « l’auteur » de l’image, en revanche il est bien responsable du tableau qui affirme que celui-ci peut fonder son intérêt sur un sujet très simple, courant dans la vie quotidienne des américains, et peint sans état d’âme : aucune émotion ne se manifeste dans la manière de peindre. Le cheminement pour en arriver là n’est pas tout simple, il passe, entre autres par la rupture avec la manière qui connaît le maximum de faveur commerciale dans les années 50 aux États-Unis : l’expressionnisme abstrait. Alors que cet artiste avait déjà dessiné, pour ses enfants, des agrandissements d’images de DISNEY, « Regarde Mickey » est vraiment la première dans laquelle tout trace de « geste artistique », de « coup de patte » du peintre, est absente au profit du seul agrandissement d’une image industrielle. Il peut s’agir d’un recul humoristique et légèrement moqueur à l’adresse d’artistes un tantinet prétentieux avec leurs « créations ». La scène en elle-même n’est certainement pas choisie au hasard : Mickey se moque de l’erreur de Donald. Il reste que la toile marque un tournant important avec lequel Roy LICHTENSTEIN impose dans ses toiles le style « industriel » des bandes dessinées imprimées. Et c’est un style dont il va faire valoir tous les éléments à travers une production nombreuse. Le choix d’un objet simple tiré de la vie quotidienne apparente cette production à celles d’autres artistes comme les deux canettes de bière de Jasper JOHNS ou les bouteilles de Coca-Cola d’Andy WARHOL ou encore la pelle à gâteau géante d’OLDENBURG. Nous sommes au cœur d’un mouvement désigné sous le nom de pop art (désignation américaine d’un « art populaire »). Qu’est-ce qui peut vraiment intéresser un américain moyen au début des années 60 ? La peinture classique ? Sûrement pas. Les recherches de plasticiens avant-gardistes ? C’est trop difficile à comprendre… Alors voici une œuvre dont la simplicité ne détruit pas l’effet plastique : une image forte dont la taille anormalement agrandie augmente l’impact visuel |